émergent cependant. On observe une concentration géographique des pays les plus atteints: à l'exception de la Côte d'Ivoire en Afrique occidentale, on les retrouve dans une région d'Afrique orientale et méridionale qui s'étend de l'Ouganda et du Kénya vers le sud pour inclure le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, Le Malawi, la Zambie, le Zimbabwé et le Botswana.

Les patients actuellement en quête de soins ont probablement contracté le virus il y a plusieurs années. C'est pourquoi, indépendamment de la gravité de la situation telle qu'elle apparaît actuellement, l'avenir nous réserve une augmentation très sensible du nombre des décès par SIDA en Afrique subsaharienne. A en croire les projections des démographes, l'espérance de vie tombera en l'an 2010 de 66 à 33 ans en Zambie, de 70 à 40 au Zimbabwe, de 68 à 40 au Kénya et de 59 à 31 en Ouganda.

IL FAUT AGIR SANS TARDER

Nous disposons de données encourageantes sur l'efficacité possible des programmes d'intervention visant à modifier les comportements en vue de prévenir la propagation du VIH. Partout en Afrique, la prise de conscience du danger est très vive, avec en conséquence une poussée spectaculaire de la vente de condoms depuis quelques années. Comme autres constatations prometteuses, citons la réduction récente de la prévalence de l'infection par le VIH-I chez les jeunes hommes en Ouganda et la preuve que le traitement des maladies transmises sexuellement (MTS) en Tanzanie peut réduire la propagation du VIH. Cependant, beaucoup de ces interventions avaient un caractère expérimental à petite échelle et ne suffisent donc pas à renverser la tendance de l'épidémie. En attendant, les chances de découvrir un vaccin ou un traitement efficace sont bien minces. Il faut ajouter que même si ces chances devenaient réalité, cela ne suffirait pas pour vaincre rapidement cette épidémie; en effet, l'efficacité de ces vaccins serait imparfaite, leurs coûts élevés et leur distribution loin d'être généralisée. En outre, un grand nombre parmi les millions de personnes déjà porteuses du VIH n'ont pas conscience de leur état et forment dès lors un bassin capable de transmettre le virus à de nouvelles cohortes. C'est pourquoi la première et probablement la plus importante ligne de défense contre le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne sera dans un avenir prévisible de changer les comportements humains de manière à ralentir le rythme ou à limiter la propagation de ce fléau. Il nous faut accentuer et améliorer les recherches en matière sociale et comportementale pour mettre au point des stratégies préventives plus efficaces et plus acceptables, et pour découvrir des procédés capables de mieux atténuer les effets négatifs de cette épidémie.

Le meilleur argument en faveur de l'urgence d'une action immédiate destinée à ralentir à l'avenir l'extension du VIH, est peut-être de souligner, conformément à la suggestion faite plus haut, qu'en beaucoup de régions du continent l'épidémie n'a pas encore atteint son plafond. Le VIH tend à se répandre comme une traînée



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